Hier
Je citais les rues
Le long de mes songes et randonnées
Là
Je les invente
Quand je les nomme
Quand je les pense
Ai-je gagné,
Ai-je perdu ?
De ce jeu où –
Dans l’irréel je vivais,
Tremblante et poussiéreuse
Et par le réel je succombe –
Qu’ai-je emporté
Si ce n’est moi-même ?
Ici
Aux carrefours des trajectoires
Je suis si seule
Qui peut entendre un chantre numérisé e
Qui peut l’atteindre ?
Cet infini glisse
Comme mille dunes
Comme tant d’eau
Et je ne flotte ni ne disparais
En ma poitrine
Les hallalis bruissent
Acérés
Etouffés
Qui
Ecoutera le chantre
Par ses chimères exilé ?
Qui
Saura
La consoler ?
Rendre son âme
A son récit inachevé.
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Loula-Ludivine
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
J’ai vu récemment un reportage sur un prototype de lunettes numériques 3D qui effacent de la vision périphérique les éléments indésirables et perturbateurs comme, par exemple, les panneaux publicitaires : elles arrangent le réel.
Mais prolongeons – pour rien, pour rire - cette liste d’éléments indésirables qu’on pourrait éradiquer de notre conscience et de nos sens : les vagabonds, les ruines, les étrangers, les gros, les roux, les vieux, les agressions, les supplices, les abus, les policiers, les caméras de surveillance, la pollution.
Question subalterne: que voit-on à la place ? Mais ce qu’on veut, bien sûr : anges, cascades ou porno. C’est au choix.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun