Je ne sais pas pour vous, mais moi, je n’entre pas dans une bibliothèque que je ne connais pas, comme ça.
Je ne suis pas une grellou.
( prononcer le double " L " avec méthode / le terme"grellou" désigne une personne qui s’immisce dans des groupes sociaux déjà constitués avec un aplomb qui dénote non pas une amabilité naturelle mais une hypocrite sympathie. Méfiez-vous des grelloux, ils ont toujours quelque chose de malsain à cacher !) ;
Avant d’entrer dans une bibliothèque, comme avant d’entrer dans une forêt subtropicale, je demande la permission aux esprits des lieux : j’ai besoin de me sentir invitée, acceptée, protégée.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
J’ai vu récemment un reportage sur un prototype de lunettes numériques 3D qui effacent de la vision périphérique les éléments indésirables et perturbateurs comme, par exemple, les panneaux publicitaires : elles arrangent le réel.
Mais prolongeons – pour rien, pour rire - cette liste d’éléments indésirables qu’on pourrait éradiquer de notre conscience et de nos sens : les vagabonds, les ruines, les étrangers, les gros, les roux, les vieux, les agressions, les supplices, les abus, les policiers, les caméras de surveillance, la pollution.
Question subalterne: que voit-on à la place ? Mais ce qu’on veut, bien sûr : anges, cascades ou porno. C’est au choix.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun