La couronne de fresques gréco-andines au sommet de l'Arc de Triomphe jaillit au-dessus de la cime des arbres qui bordent l'avenue que je monte en direction de la Place de l'Etoile.
A mesure que j'approche, attiré par ce courant du futur qui gronde sur le pavé, j'appuie sur le champignon pour imposer mon passage autour du rond point et passer d'une branche à l'autre de l'Etoile.
« C'est une force centrifuge qui vous expulse vers la périphérie si vous tentez de passer par le centre, et vous attire sur sa tangente si vous passez là où se croisent votre route et ses rayons », dit mon passager exalté.
Et l'Etoile en son centre est immobile, figée au dernier instant du soldat inconnu, sur son dernier souffle, sur sa dernière pulsation tandis que la Terre continue de tourner.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Sgarideni
Auteur réel : enotisco
Provenance du texte : Participation
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Quand j'écris, je ne veux pas de narration, de fiction, de récit. Mon propos est ailleurs. Radicalement. Essentiellement. Mon propos est l'anodin, la restitution, la captation, l'instantané.
Polaroïd du ressenti, du vécu.
Ecrire jusqu'à l'ivresse, jusqu'à en oublier la faim, le sommeil ou la solitude.
Ecrire jusqu'à me perdre dans cette voix qui me dicte chaque mot, ne voir que la plume, la main droite qui impulse le sillon toujours inespéré, la main gauche qui repose comme un chat sur la page du cahier et dont l'ombre seule me rappelle encore que le temps existe, n'entendre que le crissement du papier Moleskine, et redouter qu'un instant - à peine - qu'un instant plus tard, la phrase s'arrête, c'est certain, je ne peux pas écrire sans cesse toute la vie, toute l'éternité même si je peux écrire jusqu'à ma mort.
Vivre au présent dans la lettre, le mot, le syntagme.
Je suis mécontente. Vos mots se font languir. Je n'ai pas eu de vos nouvelles depuis très longtemps. Faudra-t-il que j'aille en Toscane venir chercher moi-même votre lettre ?
Au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun