Aux croisements numériques
J’ai vu le Capitaine
Je l’ai entendue murmurer les mots qu’elle archivait
Electrique
J’ai percé son passé | son futur | tous les clics
De sa quête éprouvante
Déjà dans Paris je l’avais toisée
Repérée et contée
Quand elle passait | trottinait | sautillait
Gazelle au long nez
Aujourd’hui | écoutez |
Si par merveille ici ma voix portait
Si par hasard
Ecoutez aujourd’hui sa romance
La romance d’une Capitaine d’esquilles aux graphes échoués
Sa vie
Elle la veut mouvante
Elle la revendique dans ses essais, ses rayures et ses paperolles
Comme une écriture | un récit en libre circulation | un tag poétik.
Sa vie
Elle l’approuve dans ses sublimes | ses extrêmes | ses voyages et ermitages
Ses oublis
Sa vie a été | est |
D’exister en marge.
Elle a l’orgueil des chevaliers errants | des guerriers longanimes | des inventeures de l’inutile | elle a parfois le panache des capitaines oh ! Capitaine …
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Loula-Ludivine
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
Quand j'écris, je ne veux pas de narration, de fiction, de récit. Mon propos est ailleurs. Radicalement. Essentiellement. Mon propos est l'anodin, la restitution, la captation, l'instantané.
Polaroïd du ressenti, du vécu.
Ecrire jusqu'à l'ivresse, jusqu'à en oublier la faim, le sommeil ou la solitude.
Ecrire jusqu'à me perdre dans cette voix qui me dicte chaque mot, ne voir que la plume, la main droite qui impulse le sillon toujours inespéré, la main gauche qui repose comme un chat sur la page du cahier et dont l'ombre seule me rappelle encore que le temps existe, n'entendre que le crissement du papier Moleskine, et redouter qu'un instant - à peine - qu'un instant plus tard, la phrase s'arrête, c'est certain, je ne peux pas écrire sans cesse toute la vie, toute l'éternité même si je peux écrire jusqu'à ma mort.
Vivre au présent dans la lettre, le mot, le syntagme.
Je suis mécontente. Vos mots se font languir. Je n'ai pas eu de vos nouvelles depuis très longtemps. Faudra-t-il que j'aille en Toscane venir chercher moi-même votre lettre ?
Au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun