pirate

Loula :
Quand je me suis dissoute, ce n'était pas pour lui.
Pierre, mon Pierre.
Ce n'était pas pour les fuir non plus. Eux, leurs attentes, le peuple, l'histoire.
Ce n'était ni à cause des nœuds ni à cause du cœur.
Ce n'était pas non plus pour les batailles à venir que je ne te dirai pas.
Ni pour les échecs ni pour les victoires.
Pas même pour le mot.
Tu veux savoir pourquoi, Capitaine ?

Capitaine:
Je ne crois pas.

Loula:
Tu ne veux pas l'entendre ?

Capitaine:
Je le lirai un jour. Je l'écrirai. Ne me le dis pas.

Loula:
Ne veux-tu pas comprendre pourquoi tu me parles, pourquoi tu me vois, là où rien ni personne ne m'atteint ?

Capitaine:
Je ne suis qu'un Capitaine échoué, un pirate des gréages de papier.
Et je ne sais pas garder les secrets.
S'il te plaît!
Ne me force pas à te trahir.


Type de document : minutes des mémoires absolues

Auteur fictif : Les Greffiers

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

> changer les liens

immuable

Le Récit existe depuis toujours, depuis la création. Il est immuable. Il existe en-dehors de tout, en-dehors de tous. Il a été révélé au Mont Cimmer [écrit et oral, unique et multiple] au peuple réuni [des âmes mortes aux âmes à naître].

Le Récit n’affirme arbitrairement aucune vérité : il est souvenir, dialogue et confrontation. Il est paradoxe et foisonnement.

Dans le Récit, chaque ligne narrative est contestée par des arguments divergents, de toute époque et de tout lieu, avant de devenir chant. Pour un temps. Pour une communauté seulement.

Ainsi, même rejetée, une intonation ou une courbe ne perd jamais sa valeur : elle peut redevenir valide en d’autres circonstances, les hommes décidant en fonction de l'histoire et du temps.

Et néanmoins : même fluctuant, le Récit est immuable car transmis au Mont Cimmer.


Type de document : DJ's classes : études cimmériennes

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.