l'été est fini

Mon Amour, tu me manques.

Je ne chercherai pas de ces mots séducteurs pour te le dire. Pas même dans la simplicité. Non. Aucun. Rien.

Tu me manques, c'est tout. Totalement, trop fort, depuis trop longtemps.

Je ne dirai rien de plus, rien de mieux.

Je suis lasse des formules et des lettres. Je veux te voir, respirer ton odeur de thé vert bercée de sueur, me perdre de joie dans ta beauté souple et rare, rejoindre ton corps de berger maltais (ah cet oriental exigeant, intransigeant et mystérieux qui règne en toi, tes origines...), dormir les jambes entremêlées, les tiennes si longues, ta main contre ma paume relevée, dans cette pose saturée d'amour dans laquelle nous finissons toujours par nous assoupir, apogée d'un tango silencieux.

Je ne peux pas venir pour l'instant dans les Alpes. Le travail, la rentrée. Et puis tu sais que, ces derniers temps, je n'aime plus voyager, prendre le train, quitter Paris. Mon centre d'inertie...

Mais toi, mon Trésor, pourquoi restes-tu encore ? L'été est fini ... Reviens.

à l'Homme des Montagnes


Type de document : correspondances

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

tribut à Guillevic

Tribut du récit variable à Guillevic

Comme les épopées, Guillevic enchaîne les strophes, sans trêve, d’un poème à l’autre, d’un recueil à l’autre. Sa voix jamais ne cesse et semble ajouter perpétuellement de nouvelles images à un récit pris en cours – jamais commencé, jamais terminé – mais en fluidité permanente.

Chez Guillevic, le remix n’est pas une volonté, c’est un mode naturel : même dans ses allusions à la décomposition ou à la violence, il versifie le souffle de vie, ce souffle qui nous précède et nous emporte, lui que nous ne pouvons qu’accompagner dans sa circulation inachevée.

Il n’est pas de repos pour les chantres de l’anodin, les DJ's des mots, les voleurs lyriques : tout, tout le temps est à dire, surtout quand il ne s’agit pas de dire.


Type de document : DJ's classes : récits variables

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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