Chic la porte est ouverte, je vais entrer dans la vie « dehors ». Je ne vais dans la rue qu’aujourd’hui, je m’engage à ne traverser qu’à cloche-pied sur les bandes blanches, sans jamais toucher le noir. Et si je loupe, je recommence.
Quelle perspective ! C’est ma journée et peut-être ma vie que je mets en jeu.
Vais-je louper des rendez-vous ?
Arriver en retard ?
Vais-je faire des rencontres imprévues qui m’accompagneront dans mes traversées sautillantes ?
Arriverai-je jusqu’aux Halles ?
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Fanfan
Auteur réel : anonyme
Provenance du texte : Participation
Commentaires : aucun
Textes satellites : 3
Le bréviaire méditerranéen, il suffit d’être en train de le lire.
Ne jamais achever la lecture. La laisser dans un présent progressif. La reprendre inlassablement, la défaire et la refaire, comme s’il était inutile d’aller lire ailleurs. Comme une fidélité amoureuse.
[Je l’avoue : si, quand j’écris, mon nom est "personne" ; quand je lis, mon nom est "Pénélope". Je garde ainsi ma fidélité exclusivement ou presque à une épopée : ‘la espada encendida’ de neruda. Le bréviaire méditerranéen est une liaison secondaire [un adultère], liaison sérieuse certes mais pas assez pour mettre en péril mon attachement profond à ‘l’épée incandescente’, conte de la fin du monde et du début des temps, hymne à la métamorphose de la bête pour la belle devant l’irrémédiable nécessité de rebâtir l’humanité].
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun