Pas âme qui vive à cette heure grise où le fleuve se tamise d'une lumière rasante et où souffle la brise nocturne qui lèvera le mascaret.
Ombre parmi les ombres, il s'évanouit le long des quais désertés et se pénètre des puissants remugles remontés des profondeurs où se mêlent, indéfinissable jus, l'odeur de la vase stagnante et le parfum emmiellant des acacias .
Impossible de se situer dans ce paysage de lignes brouillées aux confins de la ville.
Il s'ébroue avec vigueur, comme si ce geste pouvait lui restituer sa part de réalité .
Il scrute au loin le front de fleuve qui se dresse de l'autre côté de la rive. A perte de vue, un mur d'immeubles majestueux, pierre blanche et encorbellements en ferronnerie.
D'où il est il ne peut pas voir le détail des ciselures et des sculptures mais il a brusquement la vision fulgurante et définitive d'un décor étrangement familier.
Il le reconnaît et soupire : enfin !
Type de document : chants du chœur
Auteur fictif : Le Troubadour
Auteur réel : ERL
Provenance du texte : Participation
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Je suis assise tout au fond du café qui s'est vidé.
La vitrine comme un écran panoramique.
La rue comme le plus magnifique plan-séquence.
Les poissonniers harranguent les passants en bonnet brillant de Père Noël, le boucher en canotier transporte un immense bouquet, le marchand de quatre saisons emplit l'étalage dégarni.
Après demain, c'est Noël et jamais les rues n'ont été si vides en ces époques d'étrennes. Jamais l'ambiance des fêtes n'aura été si tardive. La rue sent la peur de demain.
La lumière est blanche. Que c'est beau pourtant.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun