Neruda, mon Neruda.
Capitaine
Aux vers amoureux.
Echoué
Sur une île noire si près de Temuco.
Descendant des rois.
Orphelin mélancolique
Que la pluie élève
Que les vents tressaillent.
Tes mots,
Tu les écris
Pour les poètes aux mains de boue
Qui lisent à peine.
Pour eux,
Tu chantes le plus simple.
Tu l'extrades.
Et moi
Je reste assise.
Invisible
Dans leur chœur.
Je me fonds
Entre eux
Pour t’écouter,
Pour m’imbiber
- volcanique -
De tes poussières de feu.
Soudain si vieille
D'une terre qui ne m'appartient pas.
Jalouse.
D'eux, de toi.
De ce temps où l'envol naissait du mot.
Type de document : vers
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Je suis assise tout au fond du café qui s'est vidé.
La vitrine comme un écran panoramique.
La rue comme le plus magnifique plan-séquence.
Les poissonniers harranguent les passants en bonnet brillant de Père Noël, le boucher en canotier transporte un immense bouquet, le marchand de quatre saisons emplit l'étalage dégarni.
Après demain, c'est Noël et jamais les rues n'ont été si vides en ces époques d'étrennes. Jamais l'ambiance des fêtes n'aura été si tardive. La rue sent la peur de demain.
La lumière est blanche. Que c'est beau pourtant.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun