Dans un faisceau de lumière, mon chat blanc. Gracieux. Fier et digne. Hautain. Beau si beau. C'est la nuit.
Premier réflexe : abréger l'instant. Rendre plus court encore cette impermanence qui doit cesser.
Et puis non ! Si j'étais au cinéma ou devant un écran, je me serais délectée de ce plan très long. Mais là, chez moi, je voudrais zapper ! Comme si la beauté avait maintenant besoin du filtre de la caméra. De cette captation qui en assure la permanence. L'éternité.
Ne puis-je déjà plus jouir du réel ?
Suis-je contaminée par l'image ?
Mon intérêt n'est-il plus suscité que par la retransmission ?
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Quand un mec - un vrai, un prototype du genre gadget/bricoleur/électronique/football/jeux téléguidés - prend la ligne 14 pour la première fois, généralement il est comme un fou et fonce à l'avant en riant béatement.
"J'ai toujours rêvé d'être à l'avant du train, à la place du conducteur !"
(La ligne est automatique. Pas de conducteur. Pas de cabine. Pas de grève. Généralement pas d'incident. Le pied en somme.)
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun