voix I
se tait, comme elle se tait
voix II
continue ta ballade
voix I
ô l’exilée, l’abandonnée
Loula
Qui – dans ces limbes sans relief - m’appelle ?
Est-ce toi Capitaine ?
Qui – dans ces solitudes - m’exhorte à réciter ?
A peine ma propre veine...
voix I
parle l'insondée scande
voix II
scinde l'évocable
voix I
ils t’écouteront
voix II
ils t’écoutent
voix I
chante
Loula
J’ai quitté la ville pour ne plus divaguer
Ne plus braver mes fantaisies effondrées
voix I
crois-nous
voix II
reprends l’héroïque romance de la lettrée
Loula
moi l’illettrée
voix II
se tait
voix I
Elanceras-tu le silence ?
Loula
Etes-vous les voix mortes de mon odyssée ?
Type de document : chroniques de Kiméria
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
La littérature virtuelle ne désigne pas, comme on pourrait le croire, des livres qui sont lus sur des écrans.
La littérature virtuelle désigne des récits conçus pour exister sous différentes formes.
Des récits qui peuvent être tout à la fois
- des livres imprimés traditionnels ;
- des livres électroniques interactifs (hypertextes) ;
- des installations (labyrinthes, livres urbains ou citéLivres, expositions multi-supports ;
- des jeux dispersants ou "pervasive gaming" (des jeux à cheval entre la réalité et Internet).
Le livre devient virtuel parce qu’il peut virtuellement s’incarner sur n’importe quel support. Il n’est pas virtuel parce qu’il a quitté l’espace du papier et du palpable pour se réfugier dans un écran.
Mais, la notion de livre virtuel renvoie également à une deuxième caractéristique : les textes d’un livre virtuel peuvent être lus dans n’importe quel ordre. Il n’y a pas de début, pas de fin, pas de chronologie. De même, il n’est pas nécessaire de lire tous les textes. On peut lire un texte, dix, cent, mille.
Le livre est virtuel car ses textes peuvent - dans leur ordre et dans leur nombre - se prêter à des combinaisons infinies. Il est virtuel parce qu’il est variable et "fractal"