la même intuition

On peut croire qu’avec les années notre pensée évolue et mûrit, que des nouvelles rencontres, plus complexes, fines ou modernes, détrônent les anciennes.

Peut-être.

Mais, il me semble revenir toujours et sans cesse [Pénélope complexe] aux mêmes voix qui m’ont émue, dans lesquelles j’ai reconnue - élaboré - ma subjective intimité, qui me l’ont révélée.

Certains êtres sont de la même intuition.

Monsieur Bachelard, je vous rejoins, depuis la première fois où j’ai effeuillé votre "poétique de la rêverie" à 17 ans, dans ces espaces créatifs auxquels vous m’avez – vous seul – initié.

D’ailleurs, si je n’ai jamais supporté l’enseignement d’un maître ou d’un professeur dans le monde réel, c’était parce que, grâce à vous, dans l’univers poétique, j’avais appris à accéder aux plus grands …

A Gaston Bachelard


Type de document : correspondances

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

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tintinnabule

Loula : Capitaine.

Capitaine : comment m'as-tu trouvée ?

Loula : je ne t'ai pas trouvée, je suis là où j'étais.

Capitaine : à l'épicentre.

Loula : oui.

Capitaine : au point d'éruption, à l'impact.

Loula : tu l'avais enfoui si loin pourtant.

Capitaine : si bien.

Loula : il n'était plus qu'un mythe, une légende, une chimère.

Capitaine : n'est-ce pas.

Loula : il tintinnabulait entre les voyelles de ces vocables magiques...

Capitaine : Chiloe, Llovizna, Neruda, Santiago, Tveria, Ir Chalom, peut-être.

Loula : il n'existait plus.

Capitaine : était parmi mes disparus.

Loula : a ressuscité.

Capitaine : non.

Loula : non ?

Capitaine : il est image. Pixels sur un écran.

Loula : mot.

Capitaine : emails denses, innatendus.

Loula : et la joie ?

Capitaine : il n'y a pas de joie, il y a l'illusion.

Loula : la technologie.

Capitaine : une prothèse, un écart, une distance.

Loula : patience.

Capitaine : le plus terrible c'est que je ne le connais pas.

Loula : plus.

Capitaine : comme si je ne l'avais jamais connu.

Loula : il existe pourtant.

Capitaine : mais lui, celui qui existe là où je ne le rêve pas, qui est-il ?


Type de document : minutes des mémoires absolues

Auteur fictif : Les Greffiers

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

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