marge

Marge

J’expose ma peau à la grammaire des pluies des vents et des errances.

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C’est étrange, quand je prends des notes, je remplis toute la page de mon carnet et quand je compose des textes, je fuse d’abord des marges avec une double ligne nerveuse.

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Montmartre est hors périmètre / quel périmètre ? Celui de ma chambre, celui de la page ou du récit ?

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Périmètre autorisé / péripatétitienne / périmètre arrosé / arrosage automatik et lavomatik.

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Midrach : annotations argumentatives restrictives ou réinterprétatives placées en marge du texte sacré et des lectures précédentes / conte allégorique.

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La question de la marge est celle du rapport entre l’extérieur et l’intérieur : la marge est-elle dedans ou dehors ? Externe au document ou interne à la page ? Avec elle, l’extérieur et intérieur fusionnent comme dans le romantisme ou la mystique.

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L'écran a-t-il une marge ? Non : pas de marge pour l’écran. L’écran englobe tout, il ne laisse pas d’alternative.

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Les logiciels de traitement de texte (type word) reproduisent la page imprimée et présentent une marge que l’on peut définir dans la mesure des capacités de l’imprimante utilisée (marge d’impression) / les pages des logiciels de calcul (type excel) remplissent l’écran sans laisser de marge / les mots acceptent les marges pas les chiffres.


Type de document : notes et travaux

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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tous les grands livres

Tous les grands livres reliés. Longs, épais, lourds. Toute la sagesse, les mystères, la loi du visible et de l’invisible.

Et sur la page – vaste - les textes se répondent, se complètent, s’expliquent comme si le temps et la géographie n’avaient pas de rôle à jouer dans leur dialogue. Ubiquité et simultanéité. Temps zéro : celui où révélation, quête et transmission fusionnent.

J’ai le souvenir absolu de ces coffres à trésor – coffres à savoir, à identité – je me souviens d’eux avant de me souvenir de moi. Je me souviens d’eux au nom de mon père, de mes grands-pères et de mes ancêtres [du côté des hommes] et je me souviens d’eux au nom de ma sœur [du côté des femmes].

Je me souviens d’eux au nom du Mont Cimmer où toutes les âmes du peuple étaient réunies pour accepter le Récit. Avant que d’être nées, avant que de s’individuer.

Je me souviens d’eux comme si je n’étais qu’une lettre-chiffre [une consonne forcément] dans un peuple-texte qui s’accommode du temps et de l’espace car l’élaboration est son univers. Le paradis épuré de ses voyelles, P-R-D-S, n’est-il pas l’acronyme des quatre niveaux de l’herméneutique? Parole – littéralité ; Retour – abstraction ; Dessein – symbolique ; Subtil – secret.

Depuis toujours je vois et je suis cette grande page où les signes se complètent et interagissent, où un récit n’existe jamais sans un autre qui s'y rapporte car tout exige d’être évalué et situé, car le récit écrit [le Récit] ne prend sens que par le récit oral [l'Autre Récit] qui -à son tour- se prête à la règle de l’incertitude.

Depuis toujours j’hume et je sens ces papiers hérités de ma famille paternelle cimmérienne dont la tradition unique et ancestrale est de fabriquer des codex [imprimeurs, relieurs, éditeurs].


Type de document : DJ's classes : études cimmériennes

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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