trop cher

Rubrique "Paroles de citoyens"

"Je n'ai jamais utilisé d'ordinateur. Ça coûte cher. Tout est maintenant sur Internet. Même les billets de train. Même les impôts. C'est écœurant. Il faut se payer l'ordinateur, se payer une ligne téléphonique, se payer un abonnement. Par contre, je suis sûre qu'il y a des choses intéressantes … Mais bon…"

Une femme interviewée lors du Printemps de la Démocratie, à Bercy, au Kiosque de la Démocratie Locale où sont installés les ordinateurs des animations interactives de l'Adreva et le journal en direct de Place Publique.


Type de document : XIU : journal officiel

Auteur fictif : Le Journaliste

Auteur réel : Roselyne

Provenance du texte : Printemps de la Démocratie

Commentaires : 1

Textes satellites : aucun

sortants

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centre médico-social

"Maman, maman "Oui" "J’ai vu la femme du Président du XIU à la télévision !" "Ah" "Elle se faisait faire une prise de sang en direct" "Ah bon, pourquoi ?" "Pour montrer à tout le monde qu’il faut se faire dépister pour le sida".

Je suis très impressionnée et étonnée. Je commence une de ces diatribes délirantes dont j'ai la mauvaise et incontrôlable manie "C’est génial ! Très courageux ! Très engagé ! Elle dissocie la maladie d’une population à risque, là je suis impressionnée ! Bravo !"

Ma fille m’interrompt avec un grand éclat de rire "Arrête, arrête ! C’est pas vrai : je me moque de toi ! Tu gobes vraiment tout !" "Oh ! c’est dommage ! C’était une super idée. Je suis déçue." "Et au fait, maman ... toi, tu l'as fait récemment le test ?".

Je la regarde, elle a douze ans, de l’humour, de la diplomatie. Je m’assieds, abasourdie et fière. Secouée aussi. Quelle terrible lucidité lui est si tôt imposée par une époque où amour, plaisir et mort sont devenus indissociables. Où le visage de l'autre est autant celui du danger que celui du réconfort. Où les risques s'insinuent entre chaque velléité d'espoir. Où s'unir est devenu un périple physique, psychologique, éthique, social.

La voilà, la réalité : elle se construit dans cette perception-là, dans cet imaginaire-là, dans cette distribution. Moi au moins j'ai grandi dans les poussières résiduelles de la libération sexuelle.

Rue du Figuier, en face de la bibliothèque Forney – centre médico-social - dépistage gratuit et anonyme du virus HIV et de l’hépatite B. Juste devant l'entrée, deux magnifiques figuiers, vieux, majestueux, enracinés dans le bitume.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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