La plupart d’entre nous l’ignore, mais l’univers se partage en trois espaces : le monde de tous les jours - Erel ; la terre des rêves – Kiméria et l’étendue des idées - Numer. Les Voyageurs parcourent ces trois espaces comme vous et moi nous traversons Paris.
Non, il ne s’agit pas d’un conte. Je ne répands pas de contes. Jamais. Je relate les exploits. Et si vous ne me croyez pas, scrutez les légendes et les récits de tous les pays, vous y trouverez des allusions aux Trois Espaces et aux Voyageurs. Car, je vous le dis, chaque culture qui a existé sur terre a inventé son Art du Voyage.
L’Occident, par exemple, a développé le Jeu des Perles de Verre, du nom de ces anciens tissages de perles où étaient cryptées les coordonnées des passages entre les trois espaces, les vortex. Ces coordonnées sont très précieuses pour ceux qui veulent se télétransporter d’un monde à l’autre. Mais tous les Voyageurs n’ont pas besoin des vortex pour se déplacer : certains possèdent le don inné du Voyage.
On les appelle les Nomades. Ils arpentent les Trois Espaces au gré de leur volonté. Ou presque. Ils doivent d’abord suivre un entraînement. Long, très long, trop long peut-être. Mais à défaut de suivre cet entraînement, le don devient malédiction et le Nomade subit des départs inopinés qui bouleversent sa vie.
Maintenant je vais vous poser une question : que se passe-t-il — selon vous — quand certains Voyageurs ont besoin de vortex et d’autres pas ?
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Le Troubadour
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Site
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Naissance de la rhapsodie
Au départ, j’ai traversé l’écriture de mon récit variable "L'Odyssée des 3 Espaces" sans ligne fictionnelle aucune. Juste l'exploration de l'éclatement, de la combinatoire, du lien et de l'autonomie.
Après avoir vu un spectacle de Tanguy, dans le chapiteau du théâtre du radeau dressé aux Tuileries (¿ pièce ou dispositif ?), j’ai réussi à articuler que, dans l’expression qui était la mienne (¡ quelle effronterie !), j’avais besoin d’une intrigue.
Je n’arrive pas à comprendre comment un public peut se relier profondément et durablement à une œuvre d’art textuelle en dehors d’une trame d’une sorte ou d’une autre. Je déteste l’impression d’inutilité, d’interchangeabilité, de "tout ça pour ça".
En fin de compte, j’ai besoin de me rattacher.
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Intrigues / trame / fils / histoire / lignes / parcours / odyssée : l’odyssée pour se dévider n’a-t-elle pas besoin d’un navire ? D’une guerre et d’un mari trompé ?
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Le récit n’est pas issu du réel mais le réel issu du récit : être c’est être-dans-le-récit
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"Si les voies maritimes ne se laissent pas facilement circonscrire, c’est peut-être parce qu’elles s’entremêlent de récits : les cartes où elles sont marquées ont pu être imaginées, les écrits qui les accompagnent inventés" (matvejevitch)
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"Il existe une limite, affirmaient les sages, entre le vraisemblable et l’invraisemblable, ou bien, comme on serait enclin à le dire de nos jours, entre les figures de l’histoire et les formes du récit : cette limite, les grands périples l’ont franchie" (matvejevitch).
Type de document : notes et travaux
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun