Oui, d'accord

Un jour, Loula revient à la Cour des Miracles. Elle cherche P'tit Gars.

Loula : Bonjour le Roi des Fous. Je viens chercher P’tit Gars. S’il vous plait, est-ce que je pourrais le voir ?

Le Roi : Non, répondit-il, car il est fou.

Loula : Est-ce que je peux rester pour le chercher ?

Le Roi : Si tu promets de ne pas dormir ici car tu n'es pas une citoyenne de la Cour des Miracles.

Loula : Oui, mais je veux dormir ici ! Il fait déjà presque nuit !

Le Roi : Il n’en est pas question !

Loula : Mais j’ai des amis à la Cour des Miracles...

Le Roi : Non, ça ne suffit pas.

Loula : Alors, je peux faire du cirque et devenir folle et raconter des histoires.

Le Roi : Oui, d’accord, dans ce cas, tu peux rester.


Type de document : chants des petits griots

Auteur fictif : Anonyme

Auteur réel : Galadio

Provenance du texte : Mission Possible

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

espace public

Station Picpus-Courteline. Je cours dans le métro. Je suis en retard.

Découvrant une énième campagne publicitaire, abattue, je laisse ma main attraper un carnet et me poser ces questions qui n’en peuvent plus de se taire…

La société crée-t-elle la publicité à son image ou bien se façonne-t-elle à l’image de la publicité ?

Quand 2 femmes en string, topless, sont engagées dans un combat de boxe - plus érotique que sportif - contre un homme en caleçon stretch ; quand 3 adolescents nus sur un canapé se reposent "avant" ou "après" la jouissance et que le sexe de la jeune fille est exposé ; quand un couple se déshabille pour copuler sur du bitume macabre près d’une cuvette de toilette étincelante en vantant la propreté du plaisir ; quand 2 femmes en attirail SM partagent lascivement un sofa : que nous dit-on ?

Que nous vivons dans une société libre sexuellement ou que toute résistance à l’orgie scatologique et pédophile est réactionnaire ?

Nous offre-t-on les images que nous voulons voir ou prépare-t-on de faux "libres consentements" et de vrais abus ?

Le sexe sert-il à vendre ou bien, en fin de compte, omniprésent, ne finit-il pas par devenir ce qui nous est vendu ?

Nos rues, nos bus, notre métro sont-ils désormais le terrain d’évangélisation d’une nouvelle idolâtrie dont l’icône et le culte seraient la sexualité orgiaque et violente bâtie sur l’esclavagisme du féminin ?

A l’heure où adolescents et jeunes adultes rencontrent la pornographie avant l’amour, est-il plus important de préserver l’espace public de la fumée de cigarette que des images sexuellement agressives et intrusives?

La permissivité absolue, le no limit, la fin des tabous ne finissent-ils pas par devenir une dictature ?

Notre passivité et notre silence sont-ils une impuissance, un renoncement, un accord ou de la complicité ?


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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