J’avance. Je ne peux pas reculer. Il n’y a que l’avant, jamais d’arrière. Impossible de me retourner. Le concept même de retour ou de passé est inaccessible. Ceux d’ici l’ignorent. Comment pourraient-ils concevoir l’inconcevable.
Peut-on seulement parler de temps dans cet espace absolument linéaire où l’on est insondablement poussé en avant ?
L’arrêt et le mouvement sont les deux positions.
L’ici et l’ailleurs.
Les lignes avancent parallèles sans jamais se toucher.
Parfois une mutation, une rupture, un saut, une fissure, un effondrement, une aspiration. Pour se retrouver à côté, ni au-dessus ni en dessous, mais toujours plus loin.
Le cheminement se fait côte-à-côte sans se heurter, puis l’on se perd.
Seul le point de fuite, devant. Pas de tectonique. Pas d’axonométrie.
Des simultanéités qui s’ignorent.
Lieu de l’oubli et de l’ignorance. De la solitude et de l’espoir : « plus loin peut-être, je me souviendrai. »
Lieu de promesse : « plus loin peut-être, je serai ici et alors naîtra brièvement l’idée du passé. »
Type de document : journaux de bord
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Nos sens, notre cognition et notre intelligence sont en pleine évolution.
Nous réapprenons à ne plus penser en termes de "pour ou contre", "thèse/antithèse/synthèse".
Nous acceptons le paradoxe.
Nous nous extrayons de la pensée linéaire dominante depuis la renaissance et nous revenons aux raisonnements pluriels qui avaient prévalu aux études médiévales, talmudiques et cimmériennes : le réseau n’est pas un agencement moderne, il n’est pas hérité des nouvelles technologies !
Les media électro-numériques ne nous ont pas fait muter dans un "inconnu", ils nous ont rendu la mémoire d’un fonctionnement ancien, refoulé et dénigré.
Ils nous autorisent à laisser la pensée surgir du corps, de la peau, des impressions, des profondeurs sensorielles, de cet inconnu non pas irrationnel mais organique.
Type de document : DJ's classes : les réseaux
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun