Ce livre [le bréviaire méditérranéen], faut-il le finir ?
Il suffit d’être en train de le lire. Il est comme la vie, il se lit. Il se savoure, se délecte, se déroule. Sa cadence est lente.
Méditerranéenne.
Générée par cette patience toute orientale qui sait pertinemment que le temps finit toujours par offrir la capitulation convoitée et nécessaire.
Certain de son avantage, fort, érudit, stable, protecteur, matvejevitch pierre, énumère, cite, repère, dresse des listes, sauve des patronymes, rend hommage aux philosophes et aux cartographes, aux îles et aux ports, aux estuaires et aux portulans, aux golfes et aux espars, aux marins et aux explorateurs, "leurs voyages furent difficiles, nombre d'entre eux méritent que nous mentionnions au moins leurs noms", litanie commémorative qui emporte la lecture aussi régulièrement que les vagues et qui engourdit l’esprit aussi sûrement que le soleil.
Un bréviaire de la mer du Nord eût imposé d’autres scansions.
Type de document : DJ's classes : études comparées
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Pouvoir aller partout vite et aisément, c’est n'être nulle part.
J’ai vécu dans tant de lieux, j’ai vu tant de terres que les paysages ont fusionné et plus rien n’est consistant. L’Equateur, l’Australie, la Californie, les Vosges, les Alpes, la Toscane, Kiméria... je ne sais plus ... je ne sais plus . Le seul espace que je connaisse avec certitude est celui de mon écriture. Pas même celui de ma parole ou de ma pensée. Hors du graphe, je vis dans la contemplation absolue d’un flou total (principe d’incertitude).
Envisagez-vous les séquelles de cette attitude dans mon lien à l’autre, dans mon lien à vous?
Au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Référence : Sénèque (lettre II à Lucilius)
Commentaires : aucun
Textes satellites : 1