Neruda et Guillevic, mes deux égéries de l’anodin et de l’élémentaire, furent des poètes engagés, poètes politiques, poètes communistes.
Comment l'interpréter ?
Non pas "en ce qui les concerne" : ce qui les concerne ne concerne qu'eux et m'échappe. Totalement.
Il m'est impossible de comprendre - depuis ici et aujourd'hui - cette nécessité, pour les artistes qui ont vécu la guerre civile d’Espagne et la deuxième guerre mondiale, de se convertir au communisme. De quel droit ? De quelles légitimes perceptions et perspectives ? Aucun, aucune.
Non. Comment l'interpréter "en ce qui me concerne", moi, Capitaine des mots qui refuse toute allusion politique dans mon écriture. Au nom d'une rupture d'anonymat, de vie privée, de laïcité. Au nom de la séparation stricte entre le personnel et le public. Au nom du respect de la sphère civile commune.
Car, si je veux être honnête ( mais est-ce que je le veux ?) je dois me demander s'il est possible de célébrer les armoires, les pneus et les casse-croûtes sans m'inscrire dans le politique.
Ne faut-il pas voir dans ma volonté de versifier le réel, le simple - dans ce besoin viscéral de faire descendre la littérature dans la rue, de la distribuer, de l’afficher - dans l'assimilation de ma fonction à une "DJ des mots" , "toyeuse / tagueuse" , "streetwriter" ou gangster lyrique - un engagement politique ?
Politique : relatif au gouvernement des hommes et des états.
Non. pas politique.Je n'ai aucune vision sur le gouvernement des hommes et de l'état. Je n'ai pas cette intelligence.
Pas politique mais civique.
Civique : relatif à l'art d'être une citoyenne dévouée à sa patrie et aux autres citoyens.
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Pouvoir aller partout vite et aisément, c’est n'être nulle part.
J’ai vécu dans tant de lieux, j’ai vu tant de terres que les paysages ont fusionné et plus rien n’est consistant. L’Equateur, l’Australie, la Californie, les Vosges, les Alpes, la Toscane, Kiméria... je ne sais plus ... je ne sais plus . Le seul espace que je connaisse avec certitude est celui de mon écriture. Pas même celui de ma parole ou de ma pensée. Hors du graphe, je vis dans la contemplation absolue d’un flou total (principe d’incertitude).
Envisagez-vous les séquelles de cette attitude dans mon lien à l’autre, dans mon lien à vous?
Au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Référence : Sénèque (lettre II à Lucilius)
Commentaires : aucun
Textes satellites : 1