ce que nous savons

Ce que nous savons du Capitaine au travers de ses textes édités dans le cyberespace clandestin et restreint, donc ce dont nous devons douter :

- le Capitaine est une femme,
- il est Parisien,
- il est Cimmérien,
- il est issu d'une lignée juive d'imprimeurs,
- sa fille chante,
- il a un chat blanc,
- il porte une bague avec trois rangées d'yeux,
- il fréquente les Halles et le premier arrondissement,
- il boit du café chez Verlet,
- il boit du café chez Elie,
- il boit du café à la rue Montorgueil,
- il mange des chamallows verts et roses trempés dans le café,
- il est végétarien,
- il n'aime pas les dentistes,
- il est divorcé,
- il n'aime pas la campagne,
- il fréquente les bibliothèques,
- sa famille a vécu à Casablanca,
- il aime aller dans les fêtes foraines,
- son voisin s'appelle Raphaël,
- son neveu s'appelle Gabriel,
- il est frisé.


Type de document : XIU : notes internes

Auteur fictif : Anonyme

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

face au palais

Je me suis installée en face du palais du fruit, maraîcher luxuriant qui reproduit à lui seul l’impression d’un marché. Mais ne vous y fiez pas : ce n’est ni moins cher ni meilleur. L’avantage c’est qu’on y trouve généralement ce qu’on veut. C’est déjà ça !

Soudain je réalise :
Que je suis dans le deuxième arrondissement
Que j’ai replongé dans l’écriture du Topos "odyssée"
Qu’il serait peut-être bon de prendre des notes pour une série [métro] ou [vie parisienne].

Mais il ne se passe rien de spécial et je suis d’humeur paresseuse. Je regarde devant moi. Je me perds dans la délicieuse sidération du débit de cette rue semi-piétonne : d’où sortent-ils tous ? Je n’en crois pas mes yeux. Dire que moi aussi j’en fais partie. Je ne dois pas me contenter de cette illusion d’exception (d’extraction) que m’apporte l’immobilité. Je suis une passante parmi les passants même si je suis assise à la terrasse d’un café en train d’attendre que la serveuse m’apporte ma commande.

Je n’aurais peut-être pas dû prendre un café : il est tard, je ne pourrai pas dormir cette nuit. C’est pas grave, de toutes les façons je ne compte pas dormir, je compte écrire. Alors c’est bien. Autant prendre un café.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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