ENS Itinéraire

ENS Louis-Lumière

Depuis la gare RER
Suivre la flèche
Blanche
Sur fond bleu.
Fond bleu des illusions
numériques.
Décor virtuel.
Indice :
Ici, on bascule, tu bascules, nous.
Raser le quai
Descendre dans le tunnel.
A la sortie du tunnel
Un marché inattendu.
La cité en arrière plan.
Bien sûr.
Paraboles
Béton saumoné.
Ici, décor réel.
Longer un gymnase
— Gymnase de Champy —
Se laisser saisir par l’odeur
Cette même odeur
Du gymnase de toujours
Des tapis de caoutchouc
Des exercices imposés.
Border
L’Institut Francilien d’Ingénierie
Et sa bibliothèque technique
— livres et fascicules —
Palper l’étude.
Regarder l’enfilement de fenêtres.
Appartement de fonction.
Derrière les vitres
Des trophées, des dizaines.
Trônes pour peluches :
Chiots, lapereaux, oursons,
poupées.
Regarder aussi le jardin du gardien
Sans nain mais avec un âne.
Et un caniche noir bien coiffé.
Fin de l’allée
Impasse. Dead end.
Au bout du passage
Un bâtiment
Métal-béton-verre
Allure de vaisseau spatial
Avec 2 ponts et 1 passerelle.
Entrer par la plate-forme d’acier
Le bruit des talons sur la grille.
Abordage.
Arrivée sans départ.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Commentaires : aucun

Textes satellites : 1

face au palais

Je me suis installée en face du palais du fruit, maraîcher luxuriant qui reproduit à lui seul l’impression d’un marché. Mais ne vous y fiez pas : ce n’est ni moins cher ni meilleur. L’avantage c’est qu’on y trouve généralement ce qu’on veut. C’est déjà ça !

Soudain je réalise :
Que je suis dans le deuxième arrondissement
Que j’ai replongé dans l’écriture du Topos "odyssée"
Qu’il serait peut-être bon de prendre des notes pour une série [métro] ou [vie parisienne].

Mais il ne se passe rien de spécial et je suis d’humeur paresseuse. Je regarde devant moi. Je me perds dans la délicieuse sidération du débit de cette rue semi-piétonne : d’où sortent-ils tous ? Je n’en crois pas mes yeux. Dire que moi aussi j’en fais partie. Je ne dois pas me contenter de cette illusion d’exception (d’extraction) que m’apporte l’immobilité. Je suis une passante parmi les passants même si je suis assise à la terrasse d’un café en train d’attendre que la serveuse m’apporte ma commande.

Je n’aurais peut-être pas dû prendre un café : il est tard, je ne pourrai pas dormir cette nuit. C’est pas grave, de toutes les façons je ne compte pas dormir, je compte écrire. Alors c’est bien. Autant prendre un café.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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