Nos sens, notre cognition et notre intelligence sont en pleine évolution.
Nous réapprenons à ne plus penser en termes de "pour ou contre", "thèse/antithèse/synthèse".
Nous acceptons le paradoxe.
Nous nous extrayons de la pensée linéaire dominante depuis la renaissance et nous revenons aux raisonnements pluriels qui avaient prévalu aux études médiévales, talmudiques et cimmériennes : le réseau n’est pas un agencement moderne, il n’est pas hérité des nouvelles technologies !
Les media électro-numériques ne nous ont pas fait muter dans un "inconnu", ils nous ont rendu la mémoire d’un fonctionnement ancien, refoulé et dénigré.
Ils nous autorisent à laisser la pensée surgir du corps, de la peau, des impressions, des profondeurs sensorielles, de cet inconnu non pas irrationnel mais organique.
Type de document : DJ's classes : les réseaux
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Je me suis installée en face du palais du fruit, maraîcher luxuriant qui reproduit à lui seul l’impression d’un marché. Mais ne vous y fiez pas : ce n’est ni moins cher ni meilleur. L’avantage c’est qu’on y trouve généralement ce qu’on veut. C’est déjà ça !
Soudain je réalise :
Que je suis dans le deuxième arrondissement
Que j’ai replongé dans l’écriture du Topos "odyssée"
Qu’il serait peut-être bon de prendre des notes pour une série [métro] ou [vie parisienne].
Mais il ne se passe rien de spécial et je suis d’humeur paresseuse. Je regarde devant moi. Je me perds dans la délicieuse sidération du débit de cette rue semi-piétonne : d’où sortent-ils tous ? Je n’en crois pas mes yeux. Dire que moi aussi j’en fais partie. Je ne dois pas me contenter de cette illusion d’exception (d’extraction) que m’apporte l’immobilité. Je suis une passante parmi les passants même si je suis assise à la terrasse d’un café en train d’attendre que la serveuse m’apporte ma commande.
Je n’aurais peut-être pas dû prendre un café : il est tard, je ne pourrai pas dormir cette nuit. C’est pas grave, de toutes les façons je ne compte pas dormir, je compte écrire. Alors c’est bien. Autant prendre un café.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun