langue cimmérienne

La langue cimmérienne européenne (dite cimmérien classique) est d'origine inconnue. Elle ne peut pas être rattachée aux langues sémitiques, indo-européennes ou asiatiques.

Elle emprunte son système de transcription à l'hébreu ancien. A moins que ce ne soit le contraire.

Les Cimmériens à travers le monde ne reconnaissent ni ne nient la légitimité de la langue cimmérienne européenne et de son écriture.

Il faut comprendre que les Cimmériens ne pensent pas selon le couple duel "vrai/faux". Ils ignorent le concept de "vérité". Ils utilisent d’autres catégories : ils opposent "la duperie à l’honnêteté" et "la clarté au flou".

Quand honnêteté et clarté se conjuguent, ils considèrent qu’une proposition est "juste" et non pas vraie. Cette "justesse" ne peut pas être remise en cause par des propositions opposées ou paradoxales. Il arrive ainsi que des affirmations contraires soient considérées comme justes.

Les Cimmériens nourrissent ces concepts de "duperie", d’ "honnêteté", de "clarté" et de "flou", de vertus éthiques très spécifiques. Ne peut être honnête qu’une affirmation bienveillante et utile au bien commun. Comme le dit le célèbre proverbe cimmérien "au final, l’honnêteté profite à tous".

Ainsi ils considèrent que le cimmérien européen – en tant que langue officielle du seul pays Cimmérien qui ait jamais existé - est la langue de tous les Cimmériens. Mais ils considèrent également que le cimmérien européen n’est pas la langue de tous les Cimmériens car une telle langue n’existe pas. Les deux affirmations, ne relevant ni de la duperie ni du flou, sont aussi légitimes l’une que l’autre et ne soulèvent aucune controverse.


Type de document : DJ's classes : études cimmériennes

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

face au palais

Je me suis installée en face du palais du fruit, maraîcher luxuriant qui reproduit à lui seul l’impression d’un marché. Mais ne vous y fiez pas : ce n’est ni moins cher ni meilleur. L’avantage c’est qu’on y trouve généralement ce qu’on veut. C’est déjà ça !

Soudain je réalise :
Que je suis dans le deuxième arrondissement
Que j’ai replongé dans l’écriture du Topos "odyssée"
Qu’il serait peut-être bon de prendre des notes pour une série [métro] ou [vie parisienne].

Mais il ne se passe rien de spécial et je suis d’humeur paresseuse. Je regarde devant moi. Je me perds dans la délicieuse sidération du débit de cette rue semi-piétonne : d’où sortent-ils tous ? Je n’en crois pas mes yeux. Dire que moi aussi j’en fais partie. Je ne dois pas me contenter de cette illusion d’exception (d’extraction) que m’apporte l’immobilité. Je suis une passante parmi les passants même si je suis assise à la terrasse d’un café en train d’attendre que la serveuse m’apporte ma commande.

Je n’aurais peut-être pas dû prendre un café : il est tard, je ne pourrai pas dormir cette nuit. C’est pas grave, de toutes les façons je ne compte pas dormir, je compte écrire. Alors c’est bien. Autant prendre un café.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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