Les 4 niveaux de l’herméneutique cimmérienne :
Parole : littéralité ; Renvoi : allusion; Dessous : symbolique ; Subtil : secret
P-R-D-S / PaRaDiS
Si le paradis (P-R-D-S) est une méthode d’exégèse, existe-t-il en-dehors de l’étude, en-dehors du Récit, une possibilité d’accomplissement ?
Assimiler le paradis à la pénétration de la lettre, est-ce extraire la finalité du vécu humain de sa condition corporelle, relationnelle et émotive pour la transférer aux seules réalisations intellectuelles et spirituelles ?
J’ai toujours considéré ce P R D S acronyme avec reconnaissance (a) et suspicion (b) : m’annonçait-il – annonce faite à Capitaine – qu’au-delà de l’intelligence purement mentale existait une autre forme de conscience, d’appréhension, d’analyse et d’organisation (a) ou bien me privait-il à tout jamais de mon droit à l’incarnation et à la sensorialité (b)?
a) Reconnaissance : parmi les quatre niveaux d’approche du Récit et de l’Histoire - parole, renvoi, dessous, secret – s’en trouve-t-il un pour réconcilier tous les aspects de ma personnalité (émotionnel, physique, mental) en une capacité cognitive nouvelle et jusqu’alors potentielle ?
b) Suspicion : cette assimilation de la fin de la souffrance et du bonheur absolu (paradis) au savoir et à l’information (dévoilement et transparence) n’est-elle pas un moyen de manipulation intégriste pour m’interdire l’accès au véritable plaisir d’exister dans un corps, d’être épanouie dans mes désirs, de me sentir unie et puissante ? N’est-elle pas l’expression ultime et superbe, inouïe et audacieuse, du dualisme religieux? Pour appâter le quidam, on ne promet pas des délices sans fin et des jours heureux, on promet la connaissance.
Type de document : DJ's classes : études cimmériennes
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Je sors du cinéma. J’ai quitté la salle avant la fin du film. Je ne reste plus dans les cinémas coûte que coûte. Vaille que vaille. Quand je m’ennuie, quand c’est mauvais, quand ça m’irrite : je quitte la salle.
Un critique a demandé au réalisateur : "comment faîtes-vous pour que vos acteurs soient si bons ?". Réponse du cinéaste : "je leur demande d’articuler". Pour articuler, ils articulent ! ils ne font même que ça.
Je sors du cinéma par la porte St Eustache et je vais rue Montorgueil boire un café. Je choisis une brasserie qui sert du Segafredo. C’est le meilleur (non, je me trompe à chaque fois : c’est Illy le meilleur). Je m’installe sur la terrasse. Il est presque six heures. Il fait bon. C’est l’été indien : nouvelle saison.
Avant : à la rentrée (vous en souvienne) on portait des manteaux.
Maintenant : tout juste si on sort le gilet.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun