MATHURIN GAULTHIER (Pau, 1747- ?)
Philosophe visionnaire français, inspirateur du mouvement Xenopan Intellect Universel (XIU) et de ses fondateurs. Son influence secrète sur l’esprit des Lumières n’a été révélée qu’à la fin du 19è siècle lorsque ses MANUSCRITS DE TALLOIRES furent découverts dans un caveau de l’Ermitage de St Germain. Son très célèbre traité XENOPANIE, LA SOUVERAINETE DES PEUPLES UNIS a constitué le fondement philosophique de la DECLARATION DE CREATION DU XIU en 1913 et de la PANCONSTITUTION de 1955.
Très peu d’éléments existent quant à sa biographie. Fils d’imprimeur, imprimeur lui-même, il aurait vécu une vie paisible et bourgeoise jusqu’à la mort de son épouse quelques semaines après leurs noces. Il aurait alors quitté Pau pour entreprendre un long voyage dans les Nouvelles Galles du Sud. De ce périple, il aurait ramené les CONTES DE LA TERRE DES REVES, le traité XENOPANIE, LA SOUVERAINETE DES PEUPLES UNIS ainsi que les brefs et mystérieux COUPLETS DE CRISTAL. Trois textes qui ont changé l'histoire. Certaines légendes racontent qu’il existerait un quatrième manuscrit qui cèleraient les clés du devenir de l’homme et de la planète.
Curieusement, ce fils d’imprimeur, n’imprima jamais ses écrits et laissa pour toute explication la citation suivante "ceci tuera cela, le livre tuera l’édifice." Il préféra à l’exactitude et la large diffusion du texte imprimé, les variations et la confidentialité de la transmission orale. Ne prônait-il pas la dissémination des idées par contagion et initiation plutôt que par étude, ouvrant ainsi la voie aux futures sciences mémétiques ?
Les événements de sa vie à son retour des Nouvelles Galles ainsi que les circonstances et le lieu de sa mort restent inconnues à ce jour, donnant libre cours à toutes sortes de théories.
Type de document : encyclopédie du XIU
Auteur fictif : Anonyme
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Capitaine L
Je ne suis pas conteuse, je suis scripte. J’aime parfois les mots que je combine et m’entends – incrédule – les prononcer. Plus encore : je les redoute, je les regrette.
Loula
Je ne suis pas scribe. Je suis rhapsode. J’aime parfois les mots qu’on me lit et m’entends – orgueilleuse – les rehausser. Les incarner. Plus encore : je les goûte, je les guette.
Capitaine L
Mon écriture – quand elle s’étire et se tresse - me conforte et me protège. J’aimerais dire : laissez-moi me taire et lisez, s’il vous plaît.
Loula
Ecrire je ne sais pas. Je ne veux pas savoir. Seulement déclamer.
Capitaine L
Dire je ne peux pas. Je ne peux pas savoir. Seulement graver.
Loula
Mais pour qui chanter désormais ? Pour les séquences binaires ? Les pulses et les switchs ?
Capitaine L
Et pour qui tracer si rien ni personne ne me relaie?
Loula
Ma voix s’est tue, elle ne dit plus Paris, elle ne crie plus sa faune, elle ne cerne plus ses plans. Je m'étiole. Je m’éteins. Je vous en prie, préservez-moi, écoutez-moi ! Je suis si loin entre les chiffres, les bips et les points. Je ne suis ni son ni image, je suis parole, parole. M’entendez-vous ? Entendez-vous mon murmure endeuillé qui sourd depuis la face cachée ?
Capitaine L
Mon encre se fossilise dans sa solitude. Je vous en supplie : lisez-moi, vivez-moi. Donnez-moi le droit de calligraphier dans l’immensité des bibliothèques, des rues et des librairies, de porter mes cargaisons, mes passagers et mes équipages et de délivrer, de délivrer tous ces mots à naître que ma main, mes yeux et mes oreilles creusent à ciel ouvert. Ecrire est mon urgence.
Loula et Capitaine L
Sans toi qui suis-je ?
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun