Tu confrontes la rue seule pour la première fois. Tu marches et tu cherches des trésors. Tu veux récolter tout ce qui a été perdu et qui a de la valeur pour quelqu’un quelque part. Un numéro de téléphone sur papier de cigarette. Une photo de vieille grand-mère sur un vélo blanc. Un bouton rose avec perle nacrée, celui qui manquera au gilet de fête et qu’on ne pourra pas remplacer. Un ticket de métro non oblitéré mais tout froissé. Une pièce de cinq centimes, celle de la chance. Une pierre plate en forme de triangle isocèle sur trois strates, une rose une grise une rose, pierre de la malchance, tu le sais, tu le vois. Mieux vaut que tu la prennes toi plutôt que quelqu’un d’autre parce que, toi, la malchance ne t’atteint pas, tu n’es pas soumise au sort. Un rire trop aigu. Trois yakafocon à la suite les uns des autres, c’était sur la terrasse d’un restaurant. Cinq regards amoureux et un regard en coin vers la femme qui passe en jupe fendue jusqu’au cucul. Un brin de jasmin. Une idée géniale pour dépolluer uniquement les couches basses de l’atmosphère, de la même manière qu’on ne traite que les eaux nécessaires à la consommation, grâce à une espèce de grand cube qui serait installé sur les lieux de trafic intense comme la place de la concorde, c’était l’idée d’un homme à cravate sur le pont des arts, en face du grand bâtiment avec un dôme dont tu as oublié le nom parce que tout le monde s’en souvient. Trois lumières de réverbères éteintes pour cacher les baisers de couples défendus. Un féchier d’une dame blonde et énervée à un grand maigre désinvolte. La bague aussi qu’elle lui a lancée et qu’il n’a pas reprise. Une vis de trois centimètres qui tenait la passerelle d’un bateau. Et puis tu t’endors sur le quai. Même pas sur un banc. Près d’un bollard. En serrant très fort la corde. Tu portes un pyjama avec des nounours roses et bleus et tu n’as pas tes pantoufles. Tes boucles retombent sur tes joues et couvrent tes yeux. Tu es tellement fatiguée que tu dors la bouche ouverte.
C’est la première fois, tu as sept ans.
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Griot Atuéatwa
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
La DJ compilation regroupe tout ce qui est utile à un DJ dans ses voyages, ses potlatchs et sa vie de Voyageur.
Remarques générales sur la DJ compilation
Les Atlas sont des possessions rares et secrètes. Les DJ's peuvent décider de les montrer à un autre DJ ou à un Voyageur mais jamais de les donner. Il n’existe pas deux Atlas semblables.
Les DJ's Atlas peuvent avoir pour auteurs : Capitaine L, Arte Miss, R-DJ et "anonyme".
Tout ce qui concerne les Vortex, Kiméria et Numer n’est pas "réel". Vous pouvez donc laisser libre cours à votre imaginaire lorsque vous composez leurs cartographies.
Les DJ's Devises et les Chants des DJ's ont pour auteur "anonyme". Les textes des devises et des chants peuvent provenir du remix. Dans ce cas, il faut toujours citer l'auteur du texte original.
Atlas des Vortex
Atlas des vortex entre les 3 Espaces à l’usage des DJ's : vortex libres, vortex libérés et vortex sous contrôle du XIU.
Atlas de Kiméria
Atlas des six continents kimériens ou de lieux particuliers. Kiméria est un territoire en exploration continue, un territoire qui n’a pas de frontières absolues.
Atlas de Numer
Numer n’est pas un espace au sens traditionnel on peut représenter certains de ses lieux et certains de ses passages mais on ne pas situer les lieux les uns par rapport aux autres.
DJ's Devises
pour se motiver, pour s’amuser, pour se souvenir des principes essentiels, pour des codes secrets etc.
Outils et "private jokes"
plaisanteries et autre nécessaire pour la survie et pour la détente
Chants des DJ's
Des chants inventés, des couplets récupérés (remix) ou des couplets détournés sur le mode de la mise en boîte.